Mais tu sais, je ne crois pas qu'il y ait de bon ou de mauvais photographe.
En fait, moi, j'ai toujours eu la passion depuis l'enfance des images et de la vidéo — c'est-à-dire quasiment la même chose. Et ce qui est assez amusant, c'est que j'ai eu plus tard l'occasion de vivre cette passion, de l'habiter, de faire ce qu'on appelle un métier-passion. Et moi, si je devais résumer ma vie avec toi aujourd'hui, je dirais que c'est d'abord des rencontres, des gens qui m'ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi. Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres, forgent une destinée. Parce que quand on a le goût de la photo, le goût de la photo bien faite, le beau cadrage comme on dit chez nous, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui t'aide à avancer.
Alors, ce n'est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi, au contraire, j'ai pu — et je dis merci à la vie : je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'amour, je chante l'amour. Mais ce qui est amusant d'être là ensemble et qu'on évoque ça aujourd'hui, c'est que je suis à ce tournant-là de la vie : je réalise pleinement, par ce travail avec mes mariés, je réalise cette passion. Et quand je dis passion, vraiment, c'est le coeur, c'est les tripes, c'est le vécu d'un photographe, d'un photographe qui peut s'exprimer.
Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd'hui me disent « mais comment fais-tu pour avoir cette passion ? », je leur réponds très simplement : c'est ce goût de l'amour, ce goût qui m'a poussé aujourd'hui à réaliser des photos de mariage fun et décalées. Mais demain, qui sait — peut-être simplement à réaliser des photos de mariage plus émotives et sensibles, tout en me mettant au service de la communauté, à faire le don de soi.